STATUES DE L'EGLISE SAINT JACQUES

Publié le 24 Octobre 2010

 

Les statues et mobilier ont été retirés de l'église Saint

Jacques et placés dans un endroit tenu secret

 

Le Christ  aux liens dit Dieu de la Pitié

 

autel Sacré Coeur

ici à gauche sur la carte postale

 

Jésus de la Pitié en entier

photos Ministère de la Culture

définition: sculpture

désignation:statue: Christ aux liens dit Dieu de la Pitié

édifice : église Saint Jacques d'Abbeville

matériaux: bois,polychrome

hauteur 146 cm

siècle : 4ème quart du 16ème siècle

historique: cette statue provient de l'église Saint Paul (dont j'ai parlé dans un reportage  dernièrement, statue probablement donnée à l'église Saint Jacques)

propriété de la commune et répertoriée sur la liste objets classés MH

source Ministère de la Culture 

 

Jésus de la pitié buste

 

christ au miens dit dieu de la pitié bois 4 quart 16 sièc

photos Ministère de la Culture

 

merci de votre visite

Rédigé par collectif Saint Jacques

Publié dans #HISTOIRE DE L'EGLISE ST JACQUES ET DE SON QUARTIER

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Jean DUCROS 28/10/2010 12:58



Cette très remarquable représentation du "Christ aux liens" ou "Christ aux outrages" aurait aussi pu être nommée, comme une célèbre gravure de Van Dijck, "Le Christ au roseau". Le récit de la
passion de Jésus nous fait connaître que Jésus de Nazareth fut livré aux brutalités de la soldatesque romaine avant d'être conduit au Golgotha pour y être crucifié. Pour les Romains, tant pour
Ponce Pilate que pour ses soldats, le seul crime condamnable du prisonnier que leur avaient amené les "princes des prêtres" (c'est-à-dire les premiers de la classe sacerdotale des Juifs) était
d'avoir parlé aux foules du "royaume" dont son père - assurait-il - était souverain. Ainsi, passait-il pour un prétendant politique à la royauté d'Israël. Lorsqu'il leur fut confié, les soldats
romains s'en amusèrent et le déguisèrent en roi, le couronnèrent et le revétirent d'un manteau pourpre (couleur réservée aux souverains), avant de lui mettre un roseau en main qu'il dut tenir
comme un scrptre.


Le manteau pourpre est visible sur la photographie de la statue ; il est retombé des épaules et sert de couverture au siège sur lequel est assis Jésus couronné d'épines. Du sceptre, que le
sculpteur a voulu représenté avec réalisme, ne subsiste maintenant que le fruit brun du roseau, visible - à gauche pour l'observateur - sur le haut de la poitrine et à la base du cou. La tige
verte du roseau, qui devait monter depuis la main droite, ne subsiste plus qu'en partie en prolongement du fruit. On remarque que, en dépit d'un réalisme évident, le sang ne perle pas au front
des blessures causées par la couronne. Contrairement à certaines représentations du "Christ aux outrages", aucune trace de la flagellation n'est visible sur le corps du prisonnier. Celui-ci ne
l'avait donc pas encore subie ; ce qui se déduit d'une lecture attentive de l'Evangile. Il pourrait paraître que ces observations ne soient qu'une recherche de détails. Or, on peut en déduire des
informations qui dépassent l'analyse descriptive de la statue, tout en nous renseignant à son sujet.


Cette effigie du Christ manifeste en effet le souci d'être exactement fidèle au texte évangélique. On sait que le XVIe siècle a été celui de la Réforme et donc celui d'une remise en valeur de
l'Ecriture. Il n'est pas inutile de rappeler que Calvin était natif de Noyon et, bien qu'il ne soit pas resté dans sa province d'origine puisqu'il fit une partie de ses études à Paris, la
Picardie n'a pas été à l'écart des courants de pensée religieuse qui conduisirent, dans la seconde moitié du siècle, le Concile de Trente a inciter l'Eglise romaine à la Contre-Réforme.


Le "Christ aux liens" qui fut d'abord à Saint-Paul d'Abbeville, puis à l'église Saint-Jacques, est - par sa rigueur de style - antérieur à la Contre-Réforme prêchée par le Concile, mais on peut
néanmoins le situer dans le mouvement artistique par lequel l'Eglise romaine réagit aux critiques du Protestantisme. La dimension de la statue, qui n'est pas loin de montrer l'homme (Ecce homo !)
grandeur nature, est significative de la recherche d'un réalisme convaincant. La bouche de Jésus, dents serrées, le montre bien. Il serait précieux de pouvoir relier cette oeuvre - par des faits
précis - à l'histoire religieuse et intellectuelle du XVIe siècle picard. Bien évidemment, il ne serait pas inutile de découvrir le nom du sculpteur qui l'a réalisée.



escargotine 24/10/2010 17:35



magnifique partage - douce soirée fleurie - biz