STATUES DE L'EGLISE SAINT JACQUES

Publié le 15 Octobre 2010

Voici Saint Anne et la Vierge

ou l'éducation de la Vierge

  (sculpture en tilleul )


Sainte Anne et la Vierge ou l'éducaton de la vierge en til

photos ministère de la culture

 

 

désignation: groupe sculpté: Sainte Anne et la Vierge ou l'éducation de la Vierge

edifice: église Saint Jacques d'Abbeville

matériaux: tilleul,peint, polychrome

description: le revers de ce groupe sculpté est évidé

dimensions : hauteu 99 ,largeur 49,profondeur 26

siècle 15è limite 16ème

historique:oeuvre ancienne datée de la fin du 15ème

 date de protection: 2002/06/19

statut juridique: propriété de la commune

type d'études: liste d'objets classés MH

copyright: monument historique 2002

Source ministère de la culture

 

Cette statue a été restaurée depuis

Sainte Anne est la mère de Marie,elle est fêtée le 26 juillet en même temps que Joachim son mari (père de Marie).

 

merci de votre visite

Rédigé par collectif Saint Jacques

Publié dans #HISTOIRE DE L'EGLISE ST JACQUES ET DE SON QUARTIER

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escargotine 15/10/2010 20:33



elle est vraiment superbe - bisous fleuris du soir - passe un bon WE



Jean DUCROS 15/10/2010 20:15



La famille de la Vierge Marie ne nous est connue que par des sources apocryphes ou légendaires (Légende dorée particulièrement), aussi la célébration de sainte Anne qui avait été spécialement
développée au début du XIIIe siècle a subi au XVIe siècle une réduction d'intensité. La Réforme ayant introduit un esprit de révision des croyances anciennes, la représentation de Marie étudiant
les textes saints sous la direction de Anne sa mère a - un temps - cédé la priorité dans le monde catholique à d'autres images de la mère de Jésus. Le XIXe siècle s'est cependant à nouveau tourné
vers cette représentation et en a renouvelé le caractère populaire.


Il y a pourtant une origine à l'attribution du nom Anne à la mère de la Vierge Marie. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, en sachant que l'Ecriture n'a rien fait connaître de Anne et de
Joachim, cette origine est biblique. En effet, Anne, la très pieuse mère du prophète Samuel, est à l'origine du Magnificat. C'est elle qui, selon la Bible, proclama - bien avant l'àre chrétienne
- sa reconnaissance à Dieu et la façon dont le Tout-Puissant allaient intervenir en faveur des pauvres, au détriment des riches (on appelle ce poème de louanges à Dieu le proto-Magnificat). Le
Nouveau Testament, en faisant connaître les paroles prononcées par Marie lors de sa visite à Elisabeth, paroles inspirées par le chant de la mère de Samuel, a placé Marie dans la ligne de la
tradition prophétique juive. On a "simplifié" cet héritage de la pensée hébraïque en disant que Marie avait reçu de Anne sa connaissance de l'Ecriture. Ainsi, Anne fut sa mère spirituelle.
Bientôt, sa mère selon la chair (dont on ne savait rien du tout, mais il fallait bien une) a pris le nom de Anne, véritable institutrice de Marie qu'elle initie donc à la Sainte-Ecriture. En
1204, le chef de sainte Anne (son crâne ou la relique que l'on faisait passer pour un reste majeur du corps de la mère de Marie) fut reçu avec grande vénération à la cathédrale de Chartres et le
culte de N.-D. de Chartres en fut rehaussé. En complément de Marie attentive à Jésus enfant, il y eut désormais Anne enseignant Marie.


Indépendamment de toute croyance religieuse, on peut voir dans une telle image, une reconnaissance de la place que les femmes ont pris dans la société médiévale et une affirmation de leur rôle
dans l'éducation des enfants. Sous le règne de Charles V, cette évolution s'est accentuée et l'on sait qu'à ce moment-là Christine de Pisan fut, près de la Cour, la première femme écrivaine dont
la valeur ne fut pas contestée. Elle fut reconnue pour ses facultés intellectuelles et proposée en exemple dans le siècle qui suivit, le XVe siècle, celui auquel aurait été réalisée la statue de
saint Anne enseignant la Vierge Marie.


La statue de l'Eglise saint Jacques a été (comme d'autres statues de ce lieu) badigeonnée en blanc ou en ton de pierre à une époque où la polychromie des statues était jugée trop réaliste. Bien
que le badigeon ait altéré la statue, il présentait un caractère historique dont il est heureux que nous ayons connaissance ; celui d'une ancienne révolution du sentiment religieux. Le matériau
employé par le sculpteur, le tilleul, est un bois tendre assez apprécié des scupteurs médiévaux et plus récemment des modélistes navals, avant l'emploi du balsa.